"Un voyage de mille lieues commence toujours par un premier pas." Lao Tseu
17 Août 2014
L’an un de la dissolution du gouvernement de Yayi II
Bilan d’une décision hardie
Le Bénin ploie sous une politique des dirigeants qui sont les seuls à maîtriser la commande du Yacht qui parfois même les échappe. Les situations chaotiques dans lesquelles le Bénin s’est retrouvé à l’entame de l’année 2013 et ne pouvant pas déceler le vrai nœud afin de le conjurer, le président Boni Yayi a, à travers un communiqué lu dans le journal télévisé de 20h de l’ORTB, dissout son gouvernement. C’était le 17 Août 2013. 165 jours après, le bilan des nouveaux portefeuilles ministériels reste toujours mitigé.
Le 8 Août 2013, devant leurs écrans de télévision, les béninois s’informaient de la dissolution totale et complète du gouvernement de Mr Yayi Boni, président de la République du Bénin. L’objectif visé, selon le communiqué, était d’insuffler une autre dynamique à l’équipe gouvernementale. L’acte est posé, toujours dans la lecture du communiqué, afin de faire régner une cohésion dans le rang des membres du gouvernement. En ce temps, c’était aussi un moyen pour Mr Yayi boni de se faire une nouvelle côte de popularité encore qu’en ce moment, les crises et la morosité faisaient ravage surtout dans le rang de la couche sociale. L’action était pour se débarrasser de certains, devenus trop serviable et qu’il craignait compte tenue de leur stratégies et leur ambition politique. Le contexte de notre pays en ce temps ne s’y prêtait pas, mais comme le président sait vraiment jouer les cartes pour sa politique, il a dissout son gouvernement, un gouvernement dans lequel il possédait le portefeuille de la défense nationale.
Les bons
Après que le bénin ait resté 72h sans un gouvernement, le Chef de l’Etat dévoile le 11 Août 2013 la composition des nouveaux membres de son gouvernement, des gens avec qui il compte relever le défi, puisque son acte de dissolution frise de l’incapacité des précédents ministres. Certains se sont vite mis au boulot et les résultats sont très probants. Au nombre de ces ministres travailleurs figure à la première loge la ministre de la santé Dorothée Akoko Kindé Gazard. Une dame de fer qui a démontré par son talent que les biens ne font jamais du bruit et que les actions de développement n’attendent pas forcement un moment précis avant d’être exécutées. Donc, c’est à juste titre qu’elle a été décorée de par son travail à la tête de ce département ministériel. Le plus jeune des ministres n’a pas aussi démérité. Komi Koutché a brillé par ses efforts et a prouvé que la jeunesse peut tout ; un vrai exemple pour la jeune génération qualifiée souvent de sans boussole. Le gentleman des transports venu remplacer son frère de la même localité a tout fait faire pour se figurer dans ce classement réalisé à base des actions et des efforts fournis à la tête des différents départements ministériels. Il est de notoriété publique que la gouvernance est une continuité mais la stratégie que le nouvel arrivant y met détermine tout. Donc Aké Natondé l’a démontré in extenso. Akoko Kindé Gazard n’st pas la seule femme du gouvernement à s’imposer dans son savoir-faire. La dame placée au commerce Naomie Azaria est aussi à féliciter surtout pour son dévouement et sa détermination farouche de porter haut l’étendard de notre pays à travers sa côte commerciale.
Les « de trop »
Dans sa volonté de mieux faire ou de mieux mener sa politique de gouvernance, Boni Yayi en a fait de trop en attribuant des postes ministériels à certains ‘en guise de remerciement’. Des postes qui, un an plus tard, n’a apporté presque du néant à un citoyen lambda en quête de son mangé quotidien. Il pourrait juste se passer du portefeuille ministériel de notre professeur émérite Géraud Amoussouga. On nous brandira peut-être l’argument selon lequel la vulgarisation des moindres actions ou faits ne constitue pas forcement une bonne gouvernance et une bonne performance dans le gouvernement. D’accord mais le peuple ne peut que juger en fonction des données dont il dispose et dans le cas d’espèce, les données se sont raréfiées. En conséquence, on dispose peu de matières ou même presque pas, afin d’évaluer. Ces portefeuilles ministériels créés de toute pièce ne constituent donc que la volonté de rendre budgétivore le gouvernement encore qu’on en était à quelques pas de la fin de son mandat constitutionnellement reconnu. Dans un pays où l’économie de toute la nation est exclusivement fiscale et les citoyens s’investissent beaucoup plus dans le secteur informel, il est à décrier une telle initiative qui n’a apporté que de situations inconfortable et à son chef, et au peuple dans son entier. Mais pas aussi étonnant puisqu’à trop vouloir satisfaire une grande majorité, on finit souvent par infliger plus de mal qu’on en pensait. Dans ce lot, c’est à revoir ;
Les plus secoués
Au cours de ces douze derniers mois, certains membres du gouvernement de Yayi II méritent tout au moins la palme d’or de cacophonie et de cafouillage managériale et ceci suivant leur rang et leur degré d’incompétence et d’incapacité à résoudre une crise, aussi petite qu’elle puisse paraitre. Les trois supers ministres du gouvernement choisis pour le secteur de l’éducation dans notre pays en ont eu pour leur dose. On aurait déjà crié une overdose conduisant à une mort confirmée par les médecins-légistes si on était dans le domaine de la médecine. Même le ministre d’Etat, figurant dans ce lot, n’a pas pu s’empêcher de s’accaparer de sa part et de sa dose. Les partenaires sociaux ont vraiment rendu la vie très pénible à ses ministres et compte tenue de leur incapacité à résoudre à temps la crise qui à fait irruption dans leur maison respective à l’entame de l’année 2014, le Chef du gouvernement devrait les remercier. Ce simple geste en son temps nous aurait épargné du désastre que nous subissons à la proclamation des différents résultats des examens de fin d’année puisqu’on aurait arrêté à temps les mouvements de débrayages observés pendant plus de trois mois et demi. Là, la responsabilité incombe non seulement aux syndicalistes mais aussi au pouvoir en place. Dans cette catégorie des ministres d’après dissolution, on dénombre celui de la justice, de la législation et des droits de l’homme, le garde des sceaux. La grève des hommes et femmes en toge noire l’a fait voir de toutes les couleurs et la fin n’est pas pour demain. Malheureusement il n’a pas encore pris conscience afin de dissocier les affaires religieuses des prérogatives républicaines liées à son poste et dues à son rang. Conséquence directe, la maison justice est toujours paralysée.
En un an, l’équipe gouvernementale actuelle a apporté moins de bien-être social aux citoyens béninois. Les attentes des populations et le désir du Chef de l’Etat en dissolvant son gouvernement sont loin d’être satisfaits. Tant que le fossé se crée davantage en matière de prospérité entre les nantis et le pauvre béninois, et tant que la politique du régime n’est pas revue et améliorée, les activités et le managérial recevront toujours les coups. Tout est encore possible et on peut sauver les meubles avant le 6 Avril 2016, date d’une autre alternance à la tête de la présidence béninoise. Au travail donc.